Avec plus de 30 ans d’expérience de dirigeante sur les 5 continents, j’ai été surexposée à l’innovation et à la guerre des talents, que ce soit comme ingénieure, comme Directrice générale du Retail puis du Capital humain Monde chez Accenture, enfin comme membre du directoire du groupe Unibail-Rodamco. Je connais ce qui en moi ne vieillira jamais : l’inextinguible envie de comprendre et d’améliorer le monde, la sourde colère quand l’égalité des chances est bafouée. Cet élan vital est tel que je suis devenue « investisseuse de conviction », engagée à combiner capital humain et capital financier pour démontrer qu’en matière de performance « human is capital » !

Mes convictions ?

L’innovation sociale doit précéder toute autre velléité d’innovation, car le capital humain est celui qui a la faculté de régénérer tous les autres capitaux matériels et immatériels de nos sociétés : c’est encore plus symptomatique en contexte de transformation digitale.

Penser « capital humain » est d’une fertilité inépuisable, car cela oblige à penser investissements et donc stratégie, là où on avait le réflexe coûts et tactique. C’est LA chance de changer le monde durablement !

La diversité est un angle de vue éclairant, car elle oblige à transformer les systèmes de vision du monde, de règles du jeu et de mesure de la « performance augmentée ».

La mixité femmes/hommes est la première des diversités à réussir : le vivier de talents devient double (avec les deux moitiés de l’humanité) et si c’est amorcé pour la mixité, tous les autres sujets de mutation sont alors possibles et même accélérés.

Travailler sur ces sujets, s’y confronter et surpasser les obstacles millénaires, c’est mettre en marche une machine à fabriquer des Leaders d’un nouveau type (hommes et femmes) et à moderniser la société entière.

Mon conseil pour les femmes ?

Mieux vaut demander pardon, qu’attendre la permission !

Cela peut sembler contre-intuitif dans une société normée qui éduque ses filles pour qu’elles soient convenables et qui dirige ses entreprises et ses citoyens pour que la dissidence ne monte pas dans ses rangs. Pourtant, c’est un mantra salutaire : si on vise le progrès, il faut de l’audace. Et si on transgresse avec loyauté (envers soi et envers le bien commun), alors on peut se lancer avec hardiesse et humilité, entraîner autour de soi et demander : le seul risque est d’obtenir de l’aide !