Entrepreneure depuis toujours, j’ai créé des sociétés et des événements qui s’inscrivent dans les courants sociétaux émergents. Depuis toujours, je suis également très engagée dans la cause des femmes. Après avoir fondé le Women’s Forum for the Economy and Society, j’ai créé, à la demande de femmes africaines, un sommet mondial Women in Africa qui se tient tous les ans à Marrakech en septembre. En 2018, le thème sera celui de la CONFIANCE : Confiance dans l’Afrique, Confiance dans les femmes africaines, Confiance que les hommes doivent avoir dans les femmes, et Confiance en soi-même.

Courant 2018, des sommets régionaux à Dakar et Johannesburg auront également lieu sur les thèmes de l’entrepreneuriat féminin africain, l’un des plus développés au monde, et « femmes et finances ».

J’ai eu la chance depuis toute petite d’être « grande » au sens de la taille, et dotée d’une personnalité qui m’a permis de résister, souvent de façon inconsciente à un environnement masculin peu ou pas habitué à voir une femme exercer le métier que je faisais. Cela étant, j’ai aussi souvent fait l’objet d’attaques ou subit des agressions verbales, mais elles venaient aussi bien des femmes que des hommes. Car on a souvent tendance à oublier que les femmes peuvent être pire que les hommes. Souvent inconsciemment, elles copient les hommes et ne sont pas les « bonnes copines » qu’on pensent avoir. Mais le fait d’être entrepreneur m’a souvent aussi tenue éloignée des problèmes que subissent les femmes dans les entreprises. Je me souviens d’ailleurs d’avoir décidé d’être entrepreneur après que l’on m’ait accusée d’être la « petite amie » du patron de la 1ère boite où j’ai travaillé, et j’ai dès lors compris que je devais mener ma carrière autrement que dans une structure dont je subirais toujours les critiques, ou les attaques.

Mon engagement à l’égard des femmes remonte aussi loin que remonte ma mémoire. Depuis toute petite, je suis en colère contre ce que j’observe. Chez moi, ma mère, ma grand-mère qui étaient dévouées à leurs maris, faisaient tout, mais restaient toujours « derrière » comme si le monde avait toujours fonctionné ainsi. Et parce-que j’étais une femme et « petit entrepreneur », je n’ai pas été acceptée comme étant éligible pour aller dans le temple des hommes, c’est-à-dire, au World Economic Forum de Davos et c’est la colère et l’incompréhension d’un monde conçu par et pour les hommes qui m’ont fait créer le Women’s Forum.