Après des études d’économie et de sociologie et ancienne élève de l’École Normale Supérieure, je suis enseignante-chercheuse en sociologie à l’Université Paris-Est Créteil depuis 26 ans. J’ai eu l’occasion durant toutes ces années d’assumer diverses responsabilités au sein de mon UFR mais aussi à la direction de mon université. En effet, après m’être investie pendant plus de 10 ans au sein de mon UFR à la mise en place et au développement d’une filière RH, j’ai été pendant 5 ans assesseure à l’insertion professionnelle et aux partenariats économiques auprès de la présidence.
Parallèlement à ma vie professionnelle, je suis engagée dans le sport depuis plus de 40 ans. Joueuse de handball dès l’âge de 11 ans, j’ai eu le plaisir d’évoluer au plus haut niveau national dans mon sport dans les années 1980 et 1990. Pendant ces années, j’ai également assumé des fonctions d’entraineure et de dirigeante.

A la fin de ma carrière sportive, titulaire d’un CAPES de Sciences économiques et sociales et d’une agrégation de Sciences sociales, je me suis engagée dans la rédaction d’une thèse sur le sport et l’entreprise et les liens que ces deux univers peuvent ou pourraient tisser entre eux en matière de gestion des ressources humaines. Soutenue en 1997, elle m’a amenée par la suite à prolonger mes recherches dans un club professionnel de handball masculin, l’US Ivry Handball. Après 3 ans de recherche-action, j’en suis devenue la trésorière dans un premier temps et présidente dans un deuxième temps en 2007. A partir de 2008 et juste après notre titre de champion de France obtenu en 2007, j’étais en France la seule femme à présider un club professionnel masculin tout sport collectif confondu (foot, rugby, basket, hand, volley). J’ai ainsi pu participer au développement de la Ligue Nationale de Handball (LNH) en tant que membre du Comité Directeur, puis du Bureau Directeur. Depuis 2007, j’ai eu l’occasion de pouvoir partager mon expérience de femme dirigeante au travers de diverses conférences, colloques, tables-rondes…

Après avoir quitté le club d’Ivry en 2103 j’ai rejoint la Fédération Française de Handball afin de prendre en co-responsabilité la mise en place d’un plan de féminisation nationale. En mars 2015, j’ai été nommée par le premier ministre sur proposition du ministre des Sports, de la jeunesse et de la vie associative, Présidente du CA du Conseil National pour le Développement du Sport (CNDS). En 2017 ayant été élue Secrétaire générale de ma fédération, j’ai quitté la fonction de présidente du CA du CNDS. Enfin depuis septembre 2017 je suis membre de la Conférence Permanente du Sport Féminin.

Pendant toutes ces années, j’ai eu à combattre deux obstacles. Le premier est celui de la transgression sociale. Venant d’un univers très populaire, boursière, on m’a fait comprendre rapidement que les études et l’École Normale Supérieure n’étaient pas faites pour des personnes « comme moi » c’est-à-dire venant d’un milieu social très modeste et d’un quartier urbain « sensible » soit en me le faisant savoir explicitement comme cette conseillère d’orientation en lycée soit en me refusant l’entrée à l’ENS alors que j’avais réussi le concours. Après avoir porté plainte, j’ai fini enfin par intégrer l’école de mes rêves six mois après la rentrée !

Le deuxième obstacle provient du milieu sportif lui-même. Plus je m’élevais dans mes fonctions sportives et plus le climat devenait sexiste. En effet, à force d’être prise pour la femme du président ou celle du directeur, la secrétaire, à force d’être ignorée dans des rassemblements à 90 % masculins, où l’on ne vous salue pas en raison de votre « invisibilité », à force d’être soupçonnée trop souvent d’incompétence, à force d’entendre des centaines de blagues grivoises sur les femmes qui font rire tout le monde sauf la gent féminine, vous comprenez très vite l’incongruité de votre présence.

J’ai alors décidé clairement de m’engager dans le combat de l’égalité Femmes/Hommes en profitant à la fois de mon expérience de terrain et de ma position de sociologue. C’est ainsi qu’est venue l’idée d’écrire un livre témoignage et pédagogique en 2016 sur la question du sexisme dans le sport. À partir de notes de terrain prises depuis 10 ans, de témoignages entendus, lus ou recueillis au gré de mes rencontres, mais aussi de résultats de travaux savants (principalement sociologiques et historiques), j’identifie toutes les formes que le sexisme peut prendre dans le sport. Faire savoir pour mieux connaître et pouvoir ainsi participer à un changement culturel majeur de notre époque. Ainsi depuis la sortie Du sexisme dans le sport, je ne compte pas mon temps pour expliquer, faire savoir, témoigner dans et en dehors du sport car le partage d’expériences est fondamental pour diffuser une culture de l’égalité Femmes/Hommes dans l’ensemble de la société.