Pendant 27 ans, j’ai travaillé à la SNCF. J’ai eu la chance d’y vivre des aventures exceptionnelles, au plan technique comme au plan humain. J’ai dirigé pendant 6 ans les contrôleurs, qui m’ont appris à comprendre la société française, à travers tous les voyageurs rencontrés. Ces voyageurs, ils sont 4 millions tous les jours, et ceux du Transilien, qui prennent le train pour aller travailler, 3 millions à eux tous seuls ! Ce sont eux qui m’ont ensuite occupée pendant 4 ans. Avec mon équipe, nous avons contribué à faire bouger la priorité de la SNCF et à la centrer sur les trains du quotidien. Puis je suis devenue DRH, sans doute parce qu’aux trains, je préfère les gens. Il y a un an, j’ai décidé de changer de vie. J’ai rejoint Schoolab, un studio d’innovation, au cœur du Sentier, pour découvrir l’univers des start-ups et prendre ma part à leur développement.

Je suis aussi mère de 3 grands fils de 27, 25 et 21 ans, tous les 3 ingénieurs, passionnés par le développement des technologies numériques, et investis dans ces métiers, en tant que chercheur en
physique quantique, VC, et développeur.

Et puis, je peins, à l’aquarelle, les gens que je croise dans le métro, dans la rue, ou au travail. Ils prennent part toutes les semaines à l’histoire que je raconte sur LinkedIn : j’y poste généralement le
samedi un petit billet court à propos de management, des femmes, du leadership, de l’audace, de l’engagement…Toutes ces valeurs qui m’inspirent et que j’illustre par une aquarelle !

A vrai dire, je n’ai pas le sentiment d’avoir rencontré d’embuches ! Ou plutôt, celles-ci se sont manifestées de façon insidieuse…J’ai eu la chance pendant des années d’être une des rares femmes à
exercer dans mon métier, et mon patron souhaitait donner des signes d’ouverture en donnant des responsabilités aux femmes. Résultat, je me suis vue proposer des postes intéressants et importants, et je les ai exercés en me mettant une pression dingue pour démontrer que j’en étais capable ! J’ai vécu jour et nuit pour mes jobs, sans ménager ma fatigue. J’ai toujours été très mobilisée, notamment pendant les moments très éprouvants pour l’entreprise, souvent préposée aux sujets qui nécessitaient beaucoup d’empathie. Et puis, à l’occasion d’un remaniement du comité de direction, j’ai compris que les premières à sauter seraient les femmes, car « plus élégantes », elles accepteraient de s’effacer plus facilement que les hommes ! J’ai compris alors que mon « empathie » était interprétée comme de la faiblesse ! C’est à ce moment que j’ai décidé de changer de vie professionnelle.

Ma conviction, c’est que le féminisme est un nouvel humanisme qui profite aux hommes comme aux femmes.

Il ne doit pas y avoir de places réservées aux femmes, par principe toutes doivent leur être accessibles et les dirigeants doivent veiller à ce que les biais de sélection qui leur sont défavorables soient
soigneusement identifiés et remis en question, que ce soit dans l’organisation, le fonctionnement ou la culture d’entreprise. C’est ainsi que j’ai exercé mes missions de dirigeante à la SNCF.