Toute ma vie est une histoire de femmes.

Ma mère d’abord, femme forte, généreuse, rayonnante, exigeante aussi. Puis mes deux sœurs, complices, solidaires, inséparables. Ensemble nous avons été élevées dans un milieu multiculturel, ensemble nous avons beaucoup voyagé, ensemble nous avons rêvé de refaire le monde. Mes amies à l’école ensuite, que des filles, mais quelle diversité et quelle richesse humaine ! Lors de notre passage du bac au lycée français de Rome nous étions 21 nationalités différentes. Ce sont aussi des filles qui ont été mes premières élèves dans les classes d’allemand qu’on m’a confiées peu après. Et quand je me suis lancée pour devenir journaliste c’est encore une femme, la propriétaire du Daily American, qui m’a ouvert les portes du métier.

Jeune mariée arrivée en France en 1985 ce sont une fois de plus des femmes, pourtant rares alors à la Région Ile de France, qui m’ont accueillie et adoptée au moment où de nouveaux défis s’offraient à moi : il s’agissait tout simplement, en un temps record, de créer l’association mondiale des grandes métropoles, Metropolis, pour partager savoir-faire, expérience et meilleures pratiques dans le monde entier. J’attendais mon premier enfant mais je ne pouvais pas passer à côté de cette idée généreuse qui s’inscrivait également dans un mouvement mondial de décentralisation et de démocratisation. Souvent partie dans des pays lointains, je revenais avec plein d’histoires qui faisaient rêver mes enfants. Ils étaient tous deux tristes que je parte si souvent, mais fiers d’avoir une mère avec une vie si passionnante. Dès 1986, j’ose l’idée d’un accord de coopération avec Pékin : ce sera le premier en Europe, et le premier d’une longue série pour moi. La négociation et la mise en œuvre de ces accords m’emmèneront à Tokyo, puis Moscou, Hanoi ou Varsovie, Budapest, à Prague au moment de la chute du mur, en passant par Santiago du Chili, Manille, Madrid ou encore en Afrique du sud à la fin de l’Apartheid et au Liban une fois la guerre terminée. Partout, peut être par affinités ou tout simplement par efficacité, certainement sans m’en rendre compte, je me suis appuyée sur les femmes pour mener à bien mes projets, y compris dans le cadre du Fonds de solidarité que j’avais créé. Qu’il s’agisse de micro-crédit, de reconstruire des lycées ou de creuser des puits au Mali, en Mauritanie à Madagascar c’étaient encore une fois les femmes qui rendaient tout ça possible. Tout au long de mes années en tant que Directeur des Affaires Internationales de la Région Ile de France, j’ai rencontré des femmes extraordinaires par leur courage, ténacité, leur compétence, des femmes parfois dures parce qu’elles n’avaient pas le choix. Et toute ma vie, j’ai inconsciemment eu tendance à toujours m’entourer de femmes dans mes équipes…

Mais c’est aussi une histoire d’hommes : mon père tout d’abord, toujours présent et nous encourageant à nous dépasser et à suivre nos idéaux. Mon frère ensuite, et l’homme que j’ai choisi, mon époux, qui a fait en sorte que je puisse m’épanouir et suivre ma voie. Sans oublier tous ceux qui m’ont fait confiance : le directeur du Globo, les Présidents de la Région, puis le Président d’AXA en charge de la candidature Paris 2008. Et plus récemment, les Présidents de Paris Ile de France – Capitale Economique, avec lesquels pendant 15 ans nous avons constitué un tandem de choc pour convaincre investisseurs et talents de choisir l’Ile de France. Ensemble, avec des grands patrons nous avons sillonné la planète de Shanghai à Singapour, du Koweït à l’Arabie Saoudite, des Emirats à l’Inde, des Etats-Unis au Japon. Ces road shows étaient aussi l’occasion de découvrir innovations et meilleurs pratiques pour s’en inspirer dans la Région Capitale. L’attractivité était au cœur de mon activité de Directeur Général et je suis fière de voir que l’ambition que nous portions pour le Grand Paris se concrétise.

Après avoir mené des projets si riches et stimulants, c’est à nouveau une femme, à Clara Gaymard, Présidente du Women’s Forum, qui m’a donné l’opportunité de contribuer à construire un monde meilleur avec la voix, la vision et la valeur ajoutée des femmes. Notre ambition pour le Women’s Forum est de passer d’un think-tank à un « do-tank » afin d’agir sur des sujets qui concernent non seulement les femmes mais l’humanité toute entière : l’intelligence artificielle, le changement climatique, les villes du futur, la sécurité, la finance responsable.

Je suis convaincue qu’avec les hommes, ensemble, nous pouvons dans un monde qui change si rapidement préparer notre futur. Je crois à la force de femmes, sources d’inspiration partout dans le monde, dans tous les secteurs et de toutes les générations. Christine Lagarde l’a été et l’est toujours pour moi.