Je porte à la fois les casquettes de fille, de sœur, d’épouse, d’amie, de docteur…et de cheffe d’entreprise. Par ailleurs, ce qui me caractérise, c’est ma soif d’apprendre et de transmettre mes connaissances ; c’est le moteur de mes décisions. A la fin de mes études supérieures, j’ai obtenu un doctorat en physique et chimie dans le domaine des nanotechnologies que j’ai effectué au Commissariat à l’Énergie Atomique. J’ai particulièrement apprécié le dynamisme de ces années de recherche. En effet, j’ai aimé être challengée sur mes connaissances, mes acquis et être confrontée à mes pairs pour valider mes thèses avant de les publier. Ensuite, pour porter plus loin mes convictions et y embarquer le monde, j’ai co-fondé PhDTalent qui a pour mission de décloisonner le secteur privé et académique. L’ambition à travers cette entreprise est de permettre à tout un chacun d’accéder aux meilleurs talents et aux dernières technologies afin de porter notre transformation sociétale à la hauteur de nos attentes sur tous les plans : la santé, la sécurité, l’énergie, le numérique, etc…

En janvier 2018, PhDTalent fêtait son premier anniversaire et tenait ses promesses en comblant mes attentes. Cinq mille chercheurs et 200 entreprises ont rejoint notre vision et se sont engagés dans notre mission. Cette première année a été le début d’une nouvelle aventure… Nous avons posé les bases de notre modèle, prouvé notre concept et avons engagé notre décollage. Une histoire un peu à mon image, j’analyse, je comprends, je partage puis je passe à l’action.

Lors de mes expériences professionnelles, une image, un tableau à la limite de la caricature a retenu mon attention. C’était en Angleterre, un kick-off dans le cadre d’un projet qui allait durer trois ans. J’entre dans la salle, et là, que des hommes autour de la table… J’avoue qu’à ce moment j’ai eu un nœud au ventre et je me suis posée une question : « suis-je à la hauteur, ou pire, crédible ? ». Au final, l’expérience a emporté mes a priori et mes peurs. Je maîtrisais mon sujet et mes recommandations étaient appréciées pour leur pertinence et leur rigueur. J’ai pris confiance lors de ces réunions et ces dîners entre hommes et une femme jusqu’à ne plus y accorder d’importance. Puis, au bout de quelques mois, à force de le faire remarquer (et de me faire remarquer), d’autres femmes ont rejoint l’équipe. Dernièrement, un ami me faisait lui-même la réflexion que j’étais la seule femme sur une photo prise lors d’un dîner d’affaires. Je me suis dit : « c’est vrai, aujourd’hui je suis la seule, demain d’autres me rejoindront ». Finalement, je me suis imposée et j’ai pris place dans ce milieu – dirait-on d’hommes- à travers la confiance que j’accorde à mes compétences professionnelles et mes qualités humaines.

Je ne me soumets à aucun diktat masculin, j’assume pleinement mon côté. Ensuite, je soutiens à mon échelle les femmes qui expriment un besoin dans ce sens. Ma dernière action en date a été de mettre en place, dans le cadre du concours « Les Start-Up Font Leur Show » organisé par PhDTalent, un prix spécial pour les femmes entrepreneuses qui leur ouvre les portes du Club Génération Startuppeuse.