Attirée par les sciences depuis toujours, j’ai décidé en 2014, lors de mon cursus d’ingénieur, de m’intéresser à une ressource stratégique au cœur de multiples considérations : économique, environnementales, sociétales et scientifiques. Il s’agit du secteur pétrolier et gazier. Une centaine d’années d’expertise et d’investissements massifs ont façonné des défis technologiques toujours plus ardus auxquels j’avais hâte d’apporter ma contribution.

Louis Pasteur disait en 1854 « le hasard ne favorise que les esprits préparés ». À ma remise de diplômes, l’industrie faisait face à sa plus grave crise affrontant deux défis majeurs : un prix du baril divisé par 4 et la pression de la transition énergétique. Résultat, un secteur pétrolier et gazier durement touché voyant défiler plans sociaux et licenciement. Pour moi, aucunes perspectives d’embauche. Une conjoncture idéale pour commencer sa carrière sur les chapeaux de roues !

Ma formation académique ne m’ayant pas préparé à anticiper une crise économique, j’ai souhaité mieux m’y préparer en choisissant un cursus cette fois-ci « business » au travers de mon MBA à l’IAE de Paris-Sorbonne. En parallèle, j’ai mis en application durant une année mes formations technique et business au sein de la plus grande compagnie de géophysique mondiale : la CGG, la Compagnie Générale de Géophysique.

Face à une telle crise, la majorité des acteurs tétanisent et attendent un retournement de conjoncture. D’autres, moins nombreux remettent en cause les modèles existants pour oser construire des solutions radicalement différentes. Je fais partie de ces « good rebels » de l’innovation, des esprits en ébullition qui refusent de se soumettre au statu quo.

SpotLight est née de cette agitation et a pu émerger grâce à la bienveillance et à la coopération d’esprits innovants soutenus par certains des plus grands experts de ce domaine. C’est donc un peu par hasard et bien préparés qu’Habib Al Khatib et moi-même nous sommes lancés dans l’aventure SpotLight, un concept orthogonal aux 80 dernières années de géophysique. Une solution conçue pour relever les deux défis majeurs de l’industrie.

Un an plus tard, j’ai effectivement créé mon propre emploi et la start-up SpotLight concrétise ses promesses avec déjà 3 contrats commerciaux. Avec le recul, je revois mon parcours comme une succession d’opportunités alimenté par des rencontres clivantes et surtout soutenu par un système de valeurs assumé. Oser se poser la question du « Pourquoi faisons-nous les choses comme cela ? Quel en est le sens ? ». En innovation, ma jeunesse est un avantage certain, elle se traduit en une phrase : « Je ne savais pas que c’était impossible ». Il s’agit là d’une liberté d’essayer, guidée par notre intuition. Une sorte de sixième sens qui mérite toute notre attention.

Je veux voir plus de bons rebelles, libérés de la peur d’avoir tort ou de ne pas être à leur place. Le fait d’être une femme n’influe en aucune manière sur ma capacité d’innovation et ne devrait pas limiter ma liberté d’entreprendre. La nature humaine a toujours été d’aller de l’avant. En faisant abstraction de la notion de genres, nous commençons à voir ce dont l’Homme est capable s’il utilise 100% de ses capacités humaines.