Journaliste, réalisatrice et productrice, j’ai pendant plus de 15 ans animé de nombreuses émissions prestigieuses à la télévision et à la radio essentiellement en France, à New-York et à Londres, avant de décider en 2010 de me lancer dans une nouvelle aventure : fonder une ONG d’information et impulser un mouvement collectif en faveur d’un changement positif, à travers l’exemple des « Héros Humbles » du monde entier.

Mes premiers héros sont mes parents adoptifs, des gens simples qui ont recueilli une vingtaine d’enfants tous considérés comme « inadoptables », comme en témoigne mon récit autobiographique « La petite fille à la balançoire » (ed. Les Arènes 2013 – rééd. « J’ai Lu » 2015).

J’interviens aujourd’hui dans de nombreuses organisations institutionnelles et économiques ainsi que dans les médias pour défendre ces valeurs chères à mon cœur comme les TEDx.

Pas facile en tant que femme de fonder une ONG, de la diriger, d’être crédible pour les donateurs, les philanthropes, les divers soutiens potentiels. Pas facile non plus d’être prise au sérieux dans l’univers de la production audiovisuelle, essentiellement dominé par les hommes. En créant une ONG d’information, on peut dire que j’ai cumulé les embûches. Au début, on vous trouve bien « mignonne » et « touchante » de vouloir vous lancer dans l’aventure de la solidarité. Mais dès lors que les choses deviennent sérieuses et que l’activité demande des moyens financiers plus conséquents, cela se corse. Je pense qu’il serait bien prétentieux de croire que j’ai réussi à dépasser ces préjugés. Je crois qu’il va nous falloir, nous les femmes, nous accrocher encore longtemps. Ainsi, afin de rassurer notre entourage sur nos capacités à diriger des entreprises ambitieuses, il nous faut en faire deux fois plus qu’un homme. C’est un prix à payer qui, je l’espère, balisera un peu le terrain à celles qui nous suivent.

J’ai réalisé 2 films sur le thème de l’égalité femmes-hommes : un long-métrage qui porte un regard global sur cette thématique complexe et un documentaire d’une vingtaine de minutes qui met le focus sur l’égalité de genre dans le milieu professionnel. Mon but avec ces films, c’est d’éclairer le sujet d’une manière nouvelle, en le dépolluant notamment de certaines idéologies qui ont eu tendance à attiser la guerre des sexes et à monter les femmes contre les hommes. Mon intime conviction est que cette bataille pour l ‘égalité ne pourra être remportée que le jour où les hommes s’en empareront. Dans mon long-métrage, « DES FEMMES ET DES HOMMES », une des intervenantes, une militante égyptienne qui s’appelle Marwa Sharafeldin livre sa définition du féminisme : « Tout faire pour que les femmes soient traitées comme des êtres humains à part entière. » Selon cette définition, un homme digne de ce nom ne peut qu’être féministe !