Ce qui me caractérise le mieux est ma capacité à rester optimiste face à l’adversité et à me relever des difficultés rencontrées. Demain sera forcément meilleur !

Ma première fonction professionnelle m’a amenée à travailler sur des sujets juridiques dans le milieu financier, en particulier dans l’octroi des crédits. Après avoir rejoint une banque de gestion de fortune, j’ai eu la chance d’avoir une proposition de challenge inouïe : créer de toutes pièces un service marketing et communication. Bien que manquant de confiance dans mes capacités, j’ai sauté le pas et relevé ce défi avec succès et bonheur.

J’ai traversé des périodes heureuses mais aussi connu des difficultés. Mon mari a été atteint d’une maladie auto-immune invalidante : personne n’est préparé à vivre avec un conjoint handicapé. Il faut faire face non seulement à des difficultés financières, gérer le quotidien familial qui se trouve bouleversé et arriver à supporter cette impuissance face à une situation que l’on ne peut maîtriser. Le travail devient alors aussi une échappatoire. Une situation comme celle que j’ai vécue, fragilise et vous rend vulnérable or le monde de l’entreprise n’est pas tendre et n’est pas toujours apte à protéger les plus fragilisés. J’ai du affronter à ce moment-là un harcèlement professionnel qui m’a usée jusqu’au burn-out. J’ai alors compris que je devais, pour surmonter ces montagnes de difficultés et résister, me prouver à moi-même que je restais toujours capable d’innover, de gérer, d’être force de propositions, d’être tout simplement utile aux autres. Mon engagement associatif a été ma bouée de survie.

 

Le retour après un burn-out et six mois d’absence est compliqué : on se sent honteuse en se disant qu’on n’a pas été à la hauteur. Lorsque l’on réintègre le même service, avec le même manager hostile et que l’on doit immédiatement redevenir opérationnel, il faut prendre de la distance et arriver à se convaincre que le poste occupé ne fait pas la femme que l’on est. Il est alors vital d’avoir le courage et la volonté de changer d’entreprise ou de service, prendre le risque d’ aller vers l’inconnu alors que l’on n’est certainement pas dans des conditions optimales pour saisir une bonne opportunité professionnelle.

 

Les femmes ont le même droit de faire carrière que leurs homologues masculins et pourtant les femmes se heurtent à un plafond de verre qui les empêche d’accéder aux postes les plus élevés. Et lorsqu’elles y arrivent, elles sont souvent soupçonnées d’avoir usé de leur charme ou de profiter des relations de leur mari : c’est dire implicitement qu’on ne leur reconnait que difficilement leurs compétences !

Dans la réalité, il est difficile pour une femme ayant des enfants de concilier vie familiale et professionnelle. Aujourd’hui, entre l’entreprise et le domicile, entre le travail et la vie, les frontières sont devenues poreuses, il faut dégainer toujours plus vite son smartphone, assister à des visio-conférences qui fonctionnent sur des fuseaux horaires qui ne sont pas toujours les nôtres et pour autant les perspectives d’évolutions se restreignent pour les femmes.

Je me suis battue une première fois pour défendre la mise en place d’un partenariat entre mon entreprise et une association dirigée par une femme qui avait créé le premier incubateur féminin pour les sociétés spécialisées dans les services innovants. Je me suis battue une seconde fois pour soutenir une association animée par une femme chef d’orchestre qui œuvrait pour rendre la musique classique accessible à des enfants issus de zones d’éducation prioritaire. Elle avait été notamment interpellée par un père de famille venu récupérer son fils dans une classe de chant en lui interdisant d’y retourner, considérant que ce n’était pas une activité pour un garçon ! En 2016, on ne comptait encore que 21 femmes pour 586 hommes à la tête d’un orchestre…

Dans les deux cas je trouvais la démarche de ces femmes courageuse, j’admirais leur énergie, leur engagement au service des autres et je trouvais naturel d’essayer de leur apporter une aide, même modeste.