J’ai 45 ans. Je suis entrepreneur, mariée à un entrepreneur. Nous avons 3 enfants. J’ai fait mes études en France (Sciences Po 92, HEC 94), puis ai travaillé à New York chez Deloitte de 1995 à 1999. Je faisais partie de l’équipe en charge de lancer les premiers programmes de Community Participation, Women Initiative et Diversity. J’ai ensuite travaillé à l’international avec la Chine, le Brésil et l’Inde.

En 2001, j’ai créé TO DO TODAY, première société de Conciergerie d’entreprise en France. Nous créons des programmes de services sur-mesure pour que les salariés Vivent Pleinement : une vie libérée des contraintes, une vie en pleine forme et une vie engagée. Et contribuons ainsi à l’attraction, fidélisation et engagement des talents. En particulier des femmes et des Millenials. Nos clients sont des entreprises (Carrefour, Microsoft, Engie, Airbus, SFR, PwC…) et des investisseurs immobiliers (Icade, Carlyle, Catalyst…).

Après la France, où nous sommes toujours leaders, et la Suisse où nous nous sommes implantés en 2014, j’ai attaqué les Etats-Unis, où je me suis installée en famille il y a 2 ans.

Ma première aventure entrepreneuriale a mal tourné. Je m’étais mal associée. J’ai géré une liquidation dans 3 pays, fait des petites missions en parallèle pour gagner des sous, et fait le deuil d’une certaine forme de candeur / confiance. Cela a été une expérience passionnante. J’ai compris que je suis combative et pugnace. J’ai appris à ressentir les signaux négatifs, anticiper les difficultés en conséquence et repousser mes limites. TO DO TODAY que j’ai créée l’année suivante en a bénéficié.

En 2001, lancer une entreprise innovante en France, quand on est une femme de 29 ans, n’était pas une mince affaire. Surtout dans les services, en voulant créer des emplois. Les DRH du CAC m’expliquaient que la diversité, la parité, l’engagement des jeunes… étaient des « gadgets d’américains ». On me tapotait le bras en me disant « ma petite fille, il n’y a pas de stress ici. On entre chez nous comme on rentre en religion. » J’ai serré les dents, continué l’évangélisation et l’histoire m’a finalement donné raison.

J’ai eu d’autres périodes intenses. Lorsque nous avons fait 50% de croissance 3 ans de suite, j’ai découvert un sujet dont on ne parle jamais : c’est très dur de gérer une boite en fort développement. Lorsque je me suis senti vieillir il y a 2 ans et ai décidé de m’auto-disrupter : 18 mois de transformation dans tous les domaines en simultané (marketing, techno, RH…), c’est difficile dans une PME. Mais je n’ai pas lâché. Et les clients, comme les équipes, applaudissent le résultat.

Je suis devenue « officiellement » féministe tard. En 2010 j’ai fait partie des 11 Vigilantes des Etats Généraux de la Femme. J’ai découvert qu’il était plus facile de se faire exciser en France qu’en Afrique de l’Est ; que la prostitution a un impact économique insoupçonné sur les épouses des clients réguliers ; que la précarité touchait de plus en plus de femmes et d’enfants mais que les infrastructures d’accueil n’avaient pas suivi cette évolution…

Depuis, je suis ultra engagée pour les femmes. Sur l’éducation, l’entrepreneuriat, l’égalité pro, le respect de l’intégrité… En France et dans le monde. Je suis au service de ceux et celles autour de moi qui se battent au quotidien : je soutiens, je facilite, j’organise, je finance ou fais financer, je crée des liens à l’international …