Si vous m’aviez dit que je dirigerais un jour une association considérée comme une institution dans son secteur et créée par une grande personnalité, je vous aurais répondu sur un ton narquois « Mais oui, bien sûr !! » Ambitieuse, je le suis, cependant je n’imaginais pas devenir déléguée générale d’Admical, association de promotion du mécénat fondée il y a près de quarante ans par Jacques Rigaud, quand j’y suis arrivée, un peu par hasard, fin 2010. L’énergie que j’ai déployée et les convictions que j’ai portées pour arriver à ma position actuelle sont, quant à elles, bien avérées. Aujourd’hui, il m’apparait nécessaire et urgent de faire naître davantage de vocations de mécènes chez les entrepreneurs. Parce que l’entreprise est un acteur qui sait apporter, grâce au mécénat, des réponses innovantes à nos grands enjeux de société.

Lorsque je crois à quelque chose, difficile de m’arrêter. Preuve en est en 2008, l’année où je décide de changer complètement d’orientation professionnelle suite à treize années d’expérience en agences de communication. Je n’oublierai jamais le « il n’y a aucun débouché dans la RSE » après avoir expliqué à ma conseillère Pôle Emploi que je voulais suivre le Master en management de la RSE de Paris 12. Un an plus tard, après avoir obtenu ce diplôme, le « vous avez travaillé dans le marketing relationnel, vous y resterez jusqu’à la fin de votre carrière » d’une autre conseillère, restera également gravé dans ma mémoire. J’ai réussi à déjouer ces pronostics hasardeux, non sans persévérance et labeur !

Je montre aussi montré ma ténacité lorsque je décide d’accoucher à la maison trois mois avant la naissance de mon premier enfant en 2004. Je refuse alors un système où l’homme domine la femme – expliquez-moi pourquoi les obstétriciens sont en grande majorité des hommes ?! – et où l’organisation, conçue par des hommes pour des femmes, est inadaptée. Démontrez-moi la logique d’accoucher allongée, statique, alors que la vie, sur le point de jaillir, se meut dans notre corps, le chamboule, l’ébranle !

Cet acte (à l’époque, il était illégal d’accoucher chez soi) a été fondateur dans mon engagement pour l’égalité Femme/Homme. D’ailleurs, avez-vous remarqué, on ne dit plus Homme/Femme. Les mots ont beaucoup de portée pour moi. Parlons des droits humains, et non plus des droits de l’Homme (même avec un grand H). Utilisons l’écriture inclusive. Vitupérons contre les météorologistes qui donnent des prénoms féminins aux ouragans ! J’ai bien conscience que ces petits agacements quotidiens sont loin d’être suffisants. En novembre 2017, je me suis impliquée plus fortement en participant à la Nuit des Relais, une course solidaire de la Fondation des Femmes. J’étais heureuse de faire partie des huit cents personnes mobilisées et des mille cinq cents donateurs.trices. Les soixante mille euros récoltés financeront l’accès à la justice des femmes victimes de violences. Certes, une goutte d’eau dans cet océan de déséquilibre, d’injustices mais je suis de celles et ceux qui estiment que chaque geste compte, que les petites gouttes font les grandes rivières.

Faire changer les mentalités est un travail de longue haleine. Aujourd’hui, c’est surtout mes enfants que j’ai choisi de sensibiliser. L’un a trouvé déplorable l’utilisation de l’image d’une femme pour illustrer des tâches ménagères sur une affichette dans un appartement où nous étions en location. L’autre a interpellé son professeur de sport sur le système de notation en triple bond quand il a découvert que les filles avaient des points en plus pour la même distance sautée. L’explication ? Elles sont moins fortes physiquement. « C’est la morphologie qui fait la différence, pas le sexe ! » s’est-il exclamé. Mes deux enfants sont des garçons, et ils me donnent déjà à leur âge, onze et treize ans, des preuves qu’ils seront de futurs ambassadeurs engagés pour l’égalité Femme/Homme. Car les hommes sont nos meilleurs alliés dans cette bataille.