57 ans, mariée, mère de trois filles et grand-mère de deux petites filles.

Je suis trésorière au sein de la Fédération Nationale de Protection Civile depuis 2015. Actuellement nous ne sommes que trois femmes sur les 24 membres du comité directeur.

Dès mon enfance, j’ai eu à m’affirmer. Mes parents tenaient un commerce à Saumur (bar- restaurant) où l’on m’a obligée dès sept ans à faire le service au restaurant. C’était ainsi à cette époque. J’ai été très vite confrontée à l’injustice fraternelle car mon frère, plus jeune de 3 ans, n’a jamais eu les mêmes contraintes que moi. Je me suis assez vite rebellée, auprès de mon père, car je trouvais injuste cette différence faite entre nous deux.

A 20 ans, je suis partie de chez mes parents car ils ne souhaitaient pas que je continue mes études après le BAC. Ils auraient préféré que je travaille dans une banque et que je continue à servir tous les midis au restaurant. Je suis donc allée à la faculté de Poitiers avec mes économies, le soutien de mes grands-parents et de mes futurs beaux-parents. J’ai obtenu mon DEUG d’Administration Economique et Sociale.

Je me suis mariée à la fin de mes études et nous avons quitté Poitiers pour Lyon. J’ai commencé à travailler en marketing téléphonique puis dans la vente par correspondance, pendant que mon mari terminait ses études. Son diplôme en poche, nous déménagions de Lyon pour Cherbourg. N’ayant pas les mêmes opportunités professionnelles, je suis restée au foyer pour élever mes trois filles. C’est un choix que nous avons fait à deux et si c’était à refaire je le referai sans hésitation.

Fin 88, j’ai souhaité apprendre les gestes de secours, dans un premier temps pour être rassurée vis à vis mes enfants. J’ai ensuite gravi, au sein de la Protection Civile, tous les échelons les uns après les autres : secouriste, équipière, formatrice, formatrice de formateurs puis présidente de mon département. Le secourisme est un domaine très masculin. Il a parfois fallu batailler dur pour y faire ma place. J’ai fait le choix de mettre en avant ma connaissance de la technique et des textes législatifs sur lesquels je cherchais à être irréprochable. Mon professionnalisme, mon sérieux et mes aptitudes pédagogiques dans le domaine du secourisme m’ont ouvert les portes d’une école d’ambulanciers où j’ai enseigné pendant 4 ans.

Parallèlement, selon les activités de mes filles, j’intégrais plusieurs associations en qualité de trésorière ou de secrétaire. En 2001, avec une amie, nous avons posé les bases d’un futur groupement d’employeurs associatif pour le partage d’un poste de secrétariat, le seul encore à ce jour dans mon département. Je préside également, depuis quelques années, l’association d’insertion Tremplin Services, qui accompagne des personnes à la recherche d’un emploi.

Michelle Obama a délivré ce message aux femmes : « Faites ce qui vous fait du bien, car il y aura toujours quelqu’un qui pense que vous devriez le faire différemment. Que vos choix soient des succès ou des échecs, au moins, ce sont les vôtres. »

A force de volonté et de pugnacité j’ai réussi à montrer mes capacités et à acquérir une légitimité dans le monde associatif.