Habitée par la passion de l’entrepreneuriat et la liberté procurée par une activité que l’on construit au jour le jour, j’ai créé ma première entreprise : le Meunier Qui Dort, en décembre 2014. J’ai développé un premier service de Digital Ghostwriting pour dirigeants que j’accompagne dans le développement de leur stratégie d’influence et je travaille également à la création et l’animation d’espaces d’innovation. En septembre 2017, j’ai créé une seconde entreprise DigeeTrips, en Estonie afin de faire découvrir le pays le pays digital d’Europe aux décideurs à travers des voyages d’études créés sur mesure.

Au cours de ma carrière, j’ai eu souvent à faire face à des remarques sexistes et autres comportements déplacés que j’ai rencontrés dans différents milieux professionnels et qui perdurent malheureusement. Je trouve que ces derniers mois illustrent une sorte de régression quant au rôle des femmes dans l’entreprise et la société. Les femmes plus directes, plus concrètes et moins politiques dérangent dans les sphères de direction, pour les maîtriser, leur poste à responsabilité est souvent dépouillé des réelles fonctions, elles deviennent alors une caution morale de la parité avec un poste vidé de son sens.

En ce moment, je trouve qu’il y a beaucoup de « gender washing » même dans des univers qui se revendiquent cools, modernes, disruptifs et innovants, alors que l’on sait très bien (de nombreuses études l’ont montré) que les entreprises dirigées par des femmes surperforment. Il est d’ailleurs étonnant que les actionnaires des sociétés cotées n’exigent pas une véritable parité ou des Comex à dominante féminine simplement au nom de la rentabilité de leurs actions. Mais le sexisme, voir même la misogynie des cercles de pouvoir économique et politique est bien réel, au-delà des effets d’annonce, des déclarations d’intention et des combats menés sans relâche comme ceux de Marlene Schiappa et des mouvements comme #JamaisSansElle. Dans notre monde en totale mutation, les schémas patriarcaux semblent faire leur baroud d’honneur, à moins que l’on ait sous-évalué la ténacité de nos cerveaux reptiliens peu adaptés aux transitions rapides.

Dans ce contexte, les Clubs de femmes ont une grande utilité, car ils permettent de tisser des relations très solidaires à travers une sororité qui tend de plus en plus à s’affirmer et permettent de compenser une partie des inconvénients d’appartenir à une minorité.

Il est totalement incompréhensible pour moi de constater qu’il existe encore un écart de salaire entre les hommes et les femmes en ce début du 21° siècle. À noter que l’Islande vient de rendre illégale l’inégalité entre les salaires des hommes et des femmes depuis le 1er janvier 2018. Sur le sujet : une des lectures que j’ai préférées ces dernières années et que je recommande vivement est : The Athena Doctrine, how women (and men who think like them) will rule the future de John Garzema et Michael d’Antonio.